Mauvaise gestion du DG de Bénin Télécom : 100 millions pour rénover sa maison

Mauvaise gestion du DG de Bénin Télécom : 100 millions pour rénover sa maison

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Il y a une semaine de cela jour pour jour que je publiais une interview du jeune Djalil Assouma, DG de Bénin Télécom. Et cela sans savoir que quelques jours plus tard j'allais recevoir des informations de média béninois et surtout de syndicalistes qui soulèvent les zones qui entourent sa nomination. Ainsi que les scandales liés à sa direction. 

Avant toute chose, il m'apparait important de souligner que cet article ne reprend que les informations qui nous sont communiquées, et par conséquent est complètement apolitique. 

Nomination

Le décret n°2011-758 du 30 novembre 2011 exige un minimum de dix ans d'expériences professionnelles pour occuper de hautes fonctions dans l'administration de société d'état. La nomination de Mr Djalil Assouma au poste de DG de Bénin Télécom, constitue donc une entorse à la loi étant donné que ce dernier n'a aucune expérience professionnelle au sein de la société d'état qu'il dirige actuellement. Cette violation de la loi est inscrite aux motifs de la motion de grève adressée le 9 janvier 2014 par le SYLTRA-BT au Ministre du Travail, de la Fonction Publique, de la Réforme Administrative et Institutionnelle.

Direction sur fond de détournement

Dans les conventions d’interconnexion qui lient les pays en matière de communication téléphonique, le pays de l’émetteur d’appel encaisse les frais téléphoniques et de façon périodique, la balance est faite entre pays qui ont eu à échanger des communications. Dans ce cadre, l’Opérateur Gabon Télécom devrait reverser à BTSA environ un milliard cent (1 100 000 000) FCFA. Sans l’avis du conseil d’administration, le DG Djalil Assouma serait rendu au Gabon pour conclure un accord obscur avec Gabon Telecom dans lequel il aurait fait cadeau de 600 millions aux Gabonais et ramené 500 millions dans les caisses de sa société. Comment une société aussi mal en point financièrement peut décider de donner gracieusement plus de la moitié de sa dette à ses créanciers? Comment un Directeur général peut, sans l’avis de son Conseil d’Administration, aliéner jusqu’à une telle hauteur le patrimoine d’une entreprise d’État?
Devant ce scandale aussi odieux que l’entreprise n’a jamais connu après plus de 120 ans d’existence des citoyens et des travailleurs de l’entreprise qui ont encore une conscience s’interrogent. Pourquoi l’Inspection générale d’Etat (IGE) ne s’autosaisit pas du dossier? Qu’attend le Ministre de la Communication pour tout au moins faire vérifier l’information par l’Inspection Générale de son Ministère (IGM) ? Qu’en dit la prestigieuse Autorité de lutte contre la Corruption (ALC)?
Au sein même de l’entreprise seul un syndicat s’est préoccupé du dossier et a même interpellé le représentant du personnel au conseil d’administration de l’entreprise.
En effet, suite à l’annonce de ce scandale de 600 millions avec Gabon Télécoms  le  Syndicat Libre des Travailleurs de Bénin Télécoms SA (SYLTRA-BT)  dans un communiqué du 25 novembre 2014 écrivait :
« ……Vu la gravité des faits révélés le 24 novembre 2014 dans la presse, il est impérieux que la lumière y soit faite au plus tôt afin de tranquilliser les travailleurs. En attendant, le représentant du personnel au Conseil d’Administration y est interpelé et doit rendre compte au personnel au cours d’une Assemblée générale, ne serait-ce que pour confirmer ou infirmer  l’existence d’un tel dossier. Ne pas le faire serait considéré comme une complicité et un parjure…. ». A lire aussi sur Jolome

Cent millions pour rénover sa maison

Nommé à la tête de BTSA dans les conditions douteuses, ne respectant même pas les deux principes de base pour ce poste (cadre A1 et dix ans d'expériences professionnelles), le jeune DG que certains avaient présenté comme une promotion de la jeunesse et un messie pour cette grande maison, se révèle comme une calamité. Des scandales se succèdent, des abus de pouvoir s'additionnent. Des personnalités averties de notre pays avaient tiré la sonnette d'alarme dès la nomination en indiquant que l'administration a des règles qu'il faut respecter. Même la procédure engagée au niveau de la Cour suprême en vue d'invalider cette nomination qui ne répond à aucune nomenclature est perdue dans les dédales administratifs.

Pendant que BTSA peine à payer ses salariés, Djalil Assouma dégage 100 millions pour rénover sa résidence. On peut s'interroger sur cette dépense pour la simple raison que la villa du DG n'était pas en ruine et une enveloppe aussi importante aurait même suffi pour construire une nouvelle résidence. Est-ce que Djalil Assouma a à cœur les difficultés de BTSA? Or, la chute libre du chiffre d'affaires devrait inquiéter toute personne responsable. En effet, les chiffres d'affaires sont passés de 53 milliards en 2007 à 20 milliards en 2013, une perte de plus de 50%. Et cela n'inquiète personne. BTSA qui contribuait à ses heures de gloire jusqu'à 5 milliards au budget national ne peut même pas offrir un seul franc. Ni le président de la République, ni les ministres de tutelle et tous les responsables hiérarchique du DG font mine de ne rien remarquer de cette gestion.

Aujourd'hui, Djalil Assouma étale ses limites au grand jour et sa méconnaissance des règles de gestion d'une Société d’État. Déjà, au lendemain de sa nomination, il lança un appel à candidatures pour les postes de direction en accordant seulement une journée aux personnes concernées pour constituer leurs dossiers alors que plusieurs personnes ressources étaient soit en mission ou en congé. Au vu des personnes sélectionnées, il est facile de constater que le profil des candidats était taillé sur mesure et l'objectif de ce recrutement illégalement organisé à la sauvette est d'écarter les têtes pensantes de BTSA.

Ne parlons pas des déchiqueteuses de papier livrées à grands frais par l'épouse du DG à tous les Directeurs, ne parlons pas des missions bihebdomadaires du DG dont on connaît les raisons et pour quelles causes (assister par exemple à l’accouchement de son épouse à Montréal). Il s'agit également d'une gestion de copinage entre lui et quelques amis et cousins (fils de présidentiable) qui ont débarqué de Montréal, aussitôt après sa nomination, pour  créer  des entreprises circonstancielles juste pour arracher tous les appels d'offre.  Aujourd’hui il fait la misère à tous les anciens fournisseurs  de l’entreprise au point où ces derniers l’ont surnommé « Le petit DG né avec des dents ».
Le dernier manquement du DG à l'orthodoxie administrative est de mettre abusivement des fonctionnaires de BTSA à la retraite anticipée. Il faut se rappeler que dans les textes réglementaires de BTSA, aucun agent ne peut bénéficier de plus de trois mois de congé d'affilée. Comment Djalil Assouma peut outrepasser ces textes en envoyant des fonctionnaires à huit ou dix mois de congé dont la fin coïncide avec leur départ à la retraite. Est-ce une stratégie pour se débarrasser des personnes gênantes qui pourraient dénoncer  la gabegie instaurée comme mode de gestion ou de l'intimidation pour les réduire au silence. Dans les deux cas, il s'agit d'une atteinte grave aux droits de ces travailleurs qui ont consacré toute leur vie à bâtir BTSA avec des résultats connus de tous avant que la succession des DG (« Venus de France ») parachutés de Mars ou Pluton ne viennent consacrer la désolation qui se lit sur les visages aujourd'hui.

Les députés devraient aussi s’intéresser à la gestion du DG pour savoir comment on a pu dépenser 100 millions pour la rénovation de la résidence du DG de BTSA. A lire aussi sur InfosPlus

C’est donc très regrettable que « l’oiseau rare » que l’on soit amené à chercher jusqu’au Canada accuse autant de scandale en moins de 12 mois de gestion.

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Sem DJEGUEDE
Sem DJEGUEDE

Ingénieur IT & MBA, il est avant tout un entrepreneur passionné des technologies mobiles et de voyages.

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